LE CENTRE SOS ANOR : des gens et des idées

Et si on s’était trompé sur l’origine de cette maladie, sur les solutions à lui donner ?

Si des générations de jeunes filles et jeunes femmes avaient souffert une tragédie ?

Et si elle nous le racontait pour que plus jamais cela ne se reproduise ?


L’association
est aussi une association d’idées dont quelques-unes nous tiennent à cœur.

 

Anorexie restrictive et boulimie, notre conception de cette maladie :

Les classifications internationales séparent l’anorexique restrictive des boulimiques vomisseuses. C’est cliniquement vrai, quoi de plus différent qu’une anorexique famélique et d’une boulimique qui vomit plusieurs fois par jour?

C’est oublier que, derrière, il existe le même mental anorexique dont les comportements alimentaires ne sont deux expressions comportementales, voir mésestimer qu’il y ait quelque chose qui vienne de l’esprit dans ces comportements,  notre équipe parle de l’Anor Mind ou du Mental Anorexique.

L’histoire des Troubles du Comportement Alimentaire (TCA) s’inscrit presque toujours ainsi : une restriction initiale, puis le passage, vécu souvent comme une guérison, à la boulimie avec vomissements ou autres comportements compensatoires (sport, hyperactivité, prise de laxatif, potomanie…).

Même si vous êtes boulimique, vous avez sûrement vécu une période de restriction. Même si cette période est très courte, votre désir d’y revenir est sans fin.

 

Nous utilisons donc le terme “anorexique” pour désigner non pas le comportement anorexique de restriction, mais pour désigner le mental anorexique sous-jacent dans la restriction, la boulimie et/ou les vomissements.

Le TCA est un trouble de l’adolescence. Il trouve son origine dans les mécanismes, encore mal connus, de la métamorphose adolescente. Cette période de la vie, comme peut l’être l’enfance, la vieillesse, l’âge adulte, est l’origine de nombreuses créations qui sont compromises. La trajectoire de l’adolescent normal est alors dissocié de la trajectoire anorexique. Les anorexiques sont privées d’adolescence.

Le terme de traumatisme doit être pris au sens le plus large, comme toute cause susceptible d’arrêter l’adolescence et de générer une souffrance devant laquelle l’adolescent doit trouver une posture susceptible de la maîtriser.

L’anorexique répond à cette souffrance par une maîtrise de l’alimentation, mais également de tous les éléments de la réalité qui l’entoure. Elle élabore une posture et des mécanismes mentaux dans lesquels elle se fige et qui vont la maintenir dans la maladie.

Faute de reconnaissance de l’adolescence comme origine des troubles du comportement alimentaire (TCA), on a cherché à traiter cette maladie comme la conséquence d’un trouble de l’enfance, de la pré-natalité, voire les prémices d’une pathologie adulte (dépression, psychose, hystérie, états-limites).

Les neurosciences ont donné une confirmation de cette option.

L’Anorexie est bien une pathologie à part entière et une pathologie de l’adolescent

La réponse doit être donnée dans des centres pluridisciplinaires ou des groupements de spécialistes. Y seront abordés tous les aspects de cette pathologie y compris l’aspect somatique par un médecin généraliste.

Notre pratique a montré que cet abord simultané amenait un renforcement de chacune des spécialités impliquées. C’est cette synergie qui est recherchée dans notre trajectoire de soins. Ce que l’on voit aujourd’hui, ce sont des patientes qui ont vu tous les spécialistes, en ordre dispersé, plutôt que de regarder et traiter l’ensemble des signes de la maladie comme une unité dans son fonctionnement.

La SMT est le prolongement des recherches récentes faites dans les neurosciences. Elle s’inscrit dans la trajectoire de soins comme un élément très important. Cela permet la mise à distance des pensées alimentaires qui parasitent l’espace psychique, et protège généralement des rechutes. Les résultats obtenus sont très intéressant. D’ailleurs, de nombreuses études sont actuellement en cours en France : à Montpellier sur le Craving des boulimiques, dans notre centre sur l’anor mind et la SMT.

Pour résumer, cette technique s’utilise pour limiter les pensées obsessives et les crises de restriction ou de boulimie.

Il n’existe pas de traitement biologique des TCA !

On a souvent essayé de traiter les anorexiques comme des dépressives avec des antidépresseurs, comme les psychoses avec des neuroleptiques, des TOC avec des Thymorégulateurs sans effets à notre connaissance.

Les TCA sont une maladie à part entière et non la cause ou la conséquence d’une autre pathologie. Nous limitons donc les traitements médicamenteux aux traitements symptomatiques et ceci dans un temps limite. Il n’est bien sûr pas exclu d’avoir deux pathologies.

La création d’un centre en ville dédié au traitement ambulatoire des TCA n’est pas un hasard de circonstances mais un choix.

Cela permet quand bien sûr c’est possible:

  • La préservation de la vie de la patiente. Les hospitalisations durent souvent plusieurs mois et les coupent de leur vie (scolarité, activités, vie sociale…) dans une période cruciale de leur évolution, ce qui est toujours préjudiciable
  • La conservation des liens familiaux qui, même s’ils sont perturbés par la maladie, peut-être abordés en thérapie systémique. Notre but est de faire des parents, souvent plus victimes que coupables, des aides éclairées au travers de groupes de paroles qui leur sont dédiés.

Les soins prodigués ne nécessitent en rien un enfermement. Ils peuvent être aussi complets en ambulatoire qu’ils le sont à l’hôpital.

Les liens avec le patient et son évolution semblent d’ailleurs de meilleure qualité car l’anorexie, de par son fonctionnement, se met systématiquement en opposition  à toute forme d’emprise, plus encore quand elle est médicale et institutionnelle.

L’hospitalisation pose in extenso le problème de la sortie, et même lors d’une reprise de poids qui n’a pas été consenti le suivit  est souvent très difficile.